COP 23 : Il est temps d’agir

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Fin 2015, 195 pays sont parvenus à sceller un accord pour lutter contre le changement climatique. L’Accord de Paris a donc pour objectif principal de limiter la hausse de la température moyenne en deçà de 2°C.

Un Accord record

Pour entrer en vigueur, l’Accord de Paris devait être ratifié par au moins 55 États, couvrant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Le 21 septembre 2016, 55 États avaient ratifié l’Accord, et le 5 octobre 2016, le seuil des 55% des émissions mondiales de GES avait été franchi. Il aura fallu moins d’un an, puisque l’Accord a été adopté en décembre 2015, pour valider officiellement l’Accord de Paris, soit un record pour un traité international de cette importance. L’Accord est donc entré en vigueur le 4 novembre 2016, soit 30 jours après que les deux conditions aient été réunies.

En septembre 2016, la Chine a ratifié le traité et les États-Unis l’ont seulement « accepté ». Mais ce fut une étape importante, car les deux géants représentent 38% des émissions mondiales de GES. En un an, de novembre 2016 à novembre 2017, 69 États ont ratifié le texte portant le total des États favorables à l’Accord de 99 à 168. Aujourd’hui, la quasi-totalité des principaux pays émetteurs de GES a ratifié le texte à l’exception de la Russie, 7,53% des émissions mondiales, l’Iran, 1,30% et la Turquie 1,24%. Cependant, les États-Unis ont récemment fait volte-face en s’appuyant sur l’article 28 de l’Accord qui prévoit qu’un pays puisse dénoncer l’Accord par simple notification écrite. Mais celle-ci ne peut être envoyée que 3 ans après l’entrée en vigueur du texte et le retrait ne devient effectif qu’un an après. Les États-Unis ne pourront donc pas formellement quitter l’Accord avant le 4 novembre 2020.

L’appel à l’aide des îles du Pacifique

L’absence notable des chefs d’État internationaux va permettre d’orienter les discussions sur la vulnérabilité des îles du Pacifique face à la montée des eaux. Les experts et ONG s’accordent sur le fait que le réchauffement climatique devrait être limité à 1,5°C, or l’Accord de Paris reste sur son engagement de 2°C. « Les enjeux pour nous sont extrêmement importants, spécialement pour nos amis des îles Marshall, Tuvalu et Karibati, dont l’existence même est menacée. Mettre en œuvre l’accord de Paris est crucial, mais pas suffisant pour nous sauver. Nous devons aussi convaincre le reste du monde d’aller encore plus loin » a déclaré le premier ministre des îles Fidji.

Le rôle des acteurs non-étatiques

L’attention de cette COP se tournera notamment vers les acteurs non-étatiques dont les acteurs étasuniens. En effet, les grandes compagnies internationales et certaines autorités locales qui ont ouvertement critiqué le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, sont à prendre en compte. Leur mobilisation est très attendue. De même, la mobilisation des grandes agglomérations, dont les métropoles faisant partie des villes C40, ne doit pas être sous-estimées. Le réseau villes C40 a été créé il y a dix ans dans le but d’accélérer la mutation écologique à l’échelle des villes et vise donc à développer et à mettre en place des mesures politiques ainsi que des programmes pour aboutir à des réductions notables des émissions de gaz à effet de serre et des risques climatiques.

Passer à la vitesse supérieure

L’objectif de cette COP 23 est d’établir des ponts avec les avancées réalisées à Marrakech lors de la COP 22, même si le retrait des États-Unis soulève quelques inquiétudes. Les sessions formelles de négociations devront permettre d’avancer rapidement en vue d’une application concrète des engagements dès 2018. Des actes tangibles et des avancées techniques sont donc attendus par cette COP 23. 2017 devrait être l’année la plus chaude recensée, mais cette année compte également de nombreux désastres météorologiques de grande ampleur. Il faut donc agir dès maintenant et commencer à remplir un certain nombre d’objectifs.

D’ici 2 ans, les États devront avoir fait ce qu’ils avaient promis de faire mais également s’engager à en faire davantage. Le prochain rendez-vous est celui de la COP 24 en 2018 qui se tiendra en Pologne.

La France s’est montrée exemplaire depuis le début en étant le premier pays à voter une loi de transition énergétique dès 2015. De plus, elle est aussi leader dans le secteur de la finance verte grâce aux green bonds et certificats de finance verte.