Focus sur la rénovation urbaine dans le diagnostic de Jean-Louis Borloo sur les banlieues

rénovation urbaine, Borloo, rapport, diagnosticJeudi 26 avril 2018, Jean-Louis Borloo a remis son rapport de 60 pages intitulé « Vivre ensemble – vivre en grand la République » au Premier Ministre, Edouard Philippe avec des mesures concernant l’école, l’emploi et la rénovation urbaine dans les banlieues. Il rassemble 19 « programmes » qui ont pour objectif de réorganiser et de dynamiser les quartiers prioritaires.

Ces programmes sont qualifiés, dans ce rapport de « robustes, structurants et innovants » qui doivent « remettre à plat, simplifier, permettre de ne plus confondre opérateur et financeur, stabiliser et redéfinir les objectifs et leurs indicateurs ».

Quelques exemples de propositions

Ces propositions ont été construites avec l’ensemble des acteurs : Communes, Agglomérations, Régions, Départements, Entreprises, Partenaires sociaux, Associations et Etat.

Ce rapport présente de nombreuses mesures.

  • En matière de financement, par exemple, il souhaite créer un fonds de plus de 5 milliards d’euros abondé par « la cession des participations de l’Etat en 2018 (10 milliards annoncés) »
  • Il exprime également son souhait de créer une « Académie des leaders », une sorte d’ENA afin d’éduquer les élèves à haut potentiel dans les banlieues, accessible sur concours
  • Une mesure vise à renforcer la mixité dans les activités et favoriser la présence de femmes dans la gouvernance
  • Afin d’assurer le droit à la santé pour tous, il suggère de créer 200 maisons de santé supplémentaires

Et qu’en est-il des mesures concernant la rénovation urbaine ?

Dans son rapport, Jean-Louis Borloo met notamment l’accent sur la rénovation urbaine qui depuis 4 ans, est « à l’arrêt » selon lui. C’est d’ailleurs ce qui constitue l’objet du premier chapitre de son rapport : « La qualité urbaine pour tous ».

Il rappelle que la mise en place du projet de rénovation urbaine a entrainé la réalisation de travaux à hauteur de 48 milliards d’euros en 10 ans permettant de « [métamorphoser] une partie des quartiers ». Un premier constat très positif sur les effets cette rénovation urbaine, sur la qualité de vie des habitants et la confiance que cela entraine dans les pouvoirs publics. Or depuis 4 ans, l’ambition d’origine est perdue et la rénovation urbaine à l’arrêt.

La relance de ce projet est très attendue par les communes, les bailleurs sociaux et les habitants. Selon l’ancien ministre de la Ville, 40 000 emplois pourraient être créés si la réalisation des 400 projets « en souffrance » était engagée rapidement. Le rapport identifie 80 000 destructions et reconstructions ainsi que 300 000 réhabilitations dans 276 quartiers à traiter en priorité.

Actuellement, pour Jean-Louis Borloo, la principale difficulté rencontrée par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) n’est pas forcément celle du financement mais de « la confiance, c’est-à-dire de la gouvernance ». Selon ce dernier, il serait judicieux de changer la gouvernance de l’Anru.

En mai prochain, le Président de la République présentera un plan de mobilisation pour ces quartiers, inspiré notamment des mesures exposées dans ce rapport mais aussi des propositions de groupes de travail nationaux et de concertations des préfets avec les acteurs du terrain.