E+C- : ALTEREA vous dit tout sur l’expérimentation

1/07/2019

  • 5 min
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Le 27 juin 2019 se tenait la matinée de restitution des résultats de l’expérimentation E+C- dans les Pays de la Loire, à Nantes. Plusieurs de nos collaborateurs y ont participé et vous livrent leurs impressions.

 

Cela fait deux ans que l’expérimentation E+C- est conduite en Pays de la Loire. Elle arrive aujourd’hui à son terme. L’Ademe Pays de la Loire, la DREAL, le Cerema et Tribu Energie ont donc organisé une matinée de restitution afin de diffuser la méthode, valoriser les résultats, mettre en avant les bonnes pratiques et donner des pistes d’amélioration.

Partie 1 : LES EXPÉRIMENTATIONS E+C- EN PAYS DE LA LOIRE

Si l’on s’en tient au niveau national, pour le moment 873 bâtiments sont enregistrés dans l’observatoire. Il s’agit principalement de maisons individuelles et d’un peu de bâtiments tertiaires.

Sur la région Pays de la Loire, ce sont 23 opérations livrées qui ont fait l’objet d’un retour d’expérience. Mais attention, ces projets sont nés avant l’expérimentation, il se peut qu’ils n’intègrent pas la performance carbone. Parmi les opérations livrées, on retrouve :

  • Des crèches
  • Des bureaux
  • Des logements collectifs
  • Des maisons individuelles
  • Un hôpital

 

Pour rappel, l’expérimentation fonctionne par niveaux de performance, il y a en 4 pour la partie Energie, E4 correspondant à un bâtiment produisant plus d’énergie qu’il n’en consomme et 2 pour la partie carbone, C2 correspondant à un bâtiment ayant une empreinte carbone la plus réduite possible.

Partie 2 : LES NIVEAUX « ÉNERGIE »

Une particularité de cette nouvelle méthode de calcul est l’intégration d’autres postes de consommations (éclairage de parties communes, de parkings, ascenseurs, consommations mobilières…).

Ce que l’on retient concernant les niveaux « énergie » E1 et E2 c’est qu’ils sont atteignables avec tous types d’énergies, mais qu’ils peuvent solliciter des efforts significatifs sur la conception d’un bâtiment. Le niveau E3 est difficile à atteindre pour les logements, car il nécessite, la plupart du temps, la mise en place de panneaux photovoltaïques.

 

Partie 3 : LES NIVEAUX « CARBONE »

Le niveau Carbone est calculé grâce à une analyse de cycle de vie intégrant notamment les émissions CO2 des matériaux et équipements du projet sur toute leur durée de vie ainsi que les émissions liées à l’énergie et l’eau utilisée.

Aucun bâtiment faisant partie de l’expérimentation en région Pays de la Loire n’a atteint le niveau C2. Et pour atteindre le niveau C1, les principales difficultés rencontrées sont liées aux exigences relatives aux produits de construction. Sur le sujet carbone, on remarque que les postes les plus impactant sont les produits de construction et l’énergie. Les postes eau et chantier, eux, sont peu significatifs. Concernant le poste énergie, les solutions les plus favorables sont l’électricité, le bois et les réseaux de chaleur. Le gaz est une énergie très pénalisante, car elle est riche en carbone.  

Les lots les plus impactant sur l’aspect carbone sont :

  • La structure
  • La voirie et réseau divers
  • Les doublages-cloisonnements
  • Les menuiseries extérieures
  • Les revêtements de sol

On peut noter que le mode d’évaluation de l’impact carbone est problématique. En effet, les matériaux biosourcés ou locaux n’ont pas toujours de fiche de déclaration environnementale et sanitaire et ne sont donc pas pris en compte dans le calcul. Pour diminuer son empreinte carbone, il faut également faire attention à la durée de vie des matériaux. En effet, si le matériau choisi a une durée de vie courte, il devra être remplacé plusieurs sur le cycle de vie du bâtiment. Ces problématiques relevées par l’expérimentation seront de véritables enjeux pour la construction de la nouvelle réglementation.

Concernant la partie Energie, on peut regretter que les consommations mobilières soient des valeurs forfaitaires immuables.

 

Partie 4 : LES CONTOURS DE LA RE2020

Si la réglementation est toujours en construction, on sait d’ores et déjà qu’elle intégrera l’aspect carbone qui n’avait pas été traité jusqu’à présent. À long terme, d’autres enjeux pourraient être intégrés tels que la qualité de l’air intérieur ou encore les matériaux issus du recyclage.

Afin de définir cette nouvelle réglementation environnementale, des groupes d’expertises ont été organisés pour faire un état des lieux sur différentes thématiques et enjeux. ALTEREA a d’ailleurs participé aux ateliers :

  • GE3 – Stockage temporaire du carbone
  • GE 15 – Obligation de recours à la chaleur renouvelable ou plus globalement d’ENR

À la suite de ces ateliers, quatre groupes de concertation vont permettre de prendre position, sur :

  • Les données
  • Les méthodes
  • La faisabilité technico-économique
  • L’accompagnement

Leurs conclusions seront ensuite présentées à l’état pour un arbitrage final.

Le mot de Lise Perrin, coordinatrice métier chez ALTEREA :

« La future réglementation ne sera pas seulement énergétique ! En traitant de l’impact carbone, celle-ci élargit le champ des facteurs environnementaux pris en compte. L’expérimentation a permis aux acteurs de la construction qui l’ont testée de questionner leurs choix et leurs méthodologies de travail. En ce sens, la future réglementation devrait permettre à toute la chaine de valeur de se mobiliser sur ces sujets : depuis les fournisseurs jusqu’aux entreprises de travaux. »

Le mot de Martin Gandon, ingénieur commercial chez ALTEREA et référent Energie-Carbone reconnu par Certivéa :

« Cette nouvelle réglementation pose des enjeux majeurs par ses différences avec la RT2012. On ne pourra plus se cantonner à surisoler nos bâtiments et utiliser des équipements certes efficients mais à l’énergie peu vertueuse. Un vrai travail collaboratif entre architectes et bureaux d’études s’annonce pour permettre de satisfaire à la fois le niveau énergie et le niveau carbone des opérations. L’ADEME Pays de La Loire a d’ailleurs éditer un guide « Conduite d’une opération à faible impact carbone » afin d’aider les acteurs de la construction à intégrer ces nouveautés dans leur process. »

 

Voici les prochaines grandes étapes pour l’élaboration de la RE2020

  • Juillet 2019 : détermination de la méthode d’évaluation énergétique et carbone
  • Fin 2019 : fixation des exigences
  • 1ersemestre 2020 : publication des textes réglementaires
  • 2esemestre 2020 : entrée en vigueur de la nouvelle réglementation

De plus, un rapport rassemblant les données de l’expérimentation sur toutes les régions est attendu pour septembre 2019.