Vers une reprise des chantiers en toute sécurité

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L’annonce a été faite, le déconfinement progressif débutera le 11 mai 2020. Les entreprises et maîtres d’ouvrages sont fortement mobilisés pour reprendre les chantiers de manière progressive, le plus rapidement possible, dans le respect de règles sanitaires nettement plus strictes qu’auparavant.

Suite à l’allocution du Président de la République le 16 mars 2020, entre 80 et 90% des chantiers ont cessé en moins d’une semaine. Le temps notamment de retirer le matériel, d’assurer la protection des riverains et de mettre les sites en sécurité. Une décision logique pour un secteur d’activité où la promiscuité est quasi incontournable. Six semaines après le début du confinement, une reprise des chantiers est envisageable à condition de respecter les nouvelles normes de sécurité sanitaire.

Une base pour de nouvelles procédures

Le 2 avril 2020 est sorti le Guide de préconisations de sécurité sanitaire pour la continuité des activités de la construction, publié par l’OPPBTP (Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics). Ce guide a pour but d’accompagner les entreprises et les maîtres d’ouvrages à regagner les chantiers en toute sécurité. Même s’il fait l’objet de critiques, le document devrait servir de base de travail pour les professionnels du secteur. Pour rappel, ce guide a été mis à jour le 10 avril afin d’apporter une précision sur l’utilisation des masques respiratoires. En effet, en dehors d’une intervention chez des personnes contaminées, où il faudra porter un masque de type chirurgical R-II, les personnes intervenant sur les chantiers devront porter des masques à usage non-sanitaire de catégorie I. Le Premier ministre a ajouté au sujet de ce texte qu’il serait encore d’actualité à l’issue du déconfinement.

Une reprise progressive

Depuis la publication de ce guide, un grand nombre d’acteurs du secteur du BTP s’est penché sur la mise en place de nouvelles procédures respectant les normes sanitaires afin de pouvoir reprendre les chantiers en toute sécurité. C’est notamment le cas d’ALTEREA qui prépare sa rentrée activement depuis plusieurs semaines afin d’assurer une reprise en toute sécurité pour ses collaborateurs et ses clients. Mais avant de reprendre, il sera nécessaire de former les équipes aux nouvelles procédures. On imagine donc que la reprise des chantiers se fera de manière progressive, le temps d’ajuster les nouvelles procédures de sécurité sanitaire. Du côté de la maîtrise d’ouvrage, la reprise des équipes administratives est attendue par les entreprises afin de déterminer sur quels chantiers travailler en priorité.

Encore quelques points nébuleux

La cellule de crise de la commission des affaires du Sénat suit l’évolution des secteurs de la construction, du logement, de l’immobilier et du numérique. Elle dresse donc une liste des principales difficultés auxquelles ces entreprises font face :

  • Des instructions contradictoires et non clarifiées : reprendre l’activité, mais préserver la santé des salariés
  • Quel est le niveau de responsabilité des employeurs concernant l’application des mesures sanitaires ?
  • Le manque d’équipements de protection individuel : gels désinfectants, masques…
  • La difficulté d’accès aux prêts garantis par l’État face à certains établissements bancaires plus stricts
  • Le dispositif de l’activité partielle reste flou pour certaines entreprises et les délais de traitement des dossiers et de remboursement sont jugés trop longs
  • L’élargissement du champ des bénéficiaires des reports de charges voire l’annulation de celles-ci n’est également pas claire
  • Les appels d’offres publics sont à l’arrêt
  • Le fonds de solidarité : certaines entreprises n’auraient toujours pas touché le versement de 1 500€
  • La nécessité d’organiser les assemblées générales de copropriétés
  • La prorogation des contrats de syndics immobiliers

Pour pallier ces nombreux points de discorde, l’Agence nationale de la cohésion des territoires va mettre en place une plateforme pour centraliser les problèmes constatés.

Le secteur du BTP subit une chute de 88% de son activité durant le confinement. 700 000 entreprises du secteur bénéficient aujourd’hui des dispositifs mis en place par l’État, dont le chômage partiel. La sauvegarde du secteur d’activité est essentielle pour le gouvernement afin d’assurer la relance économique du pays à l’issue du confinement.