Les enjeux de la rénovation énergétique des bâtiments en Île-de-France

3/04/2018

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Le schéma régional climat-air-énergie (SRCAE), la loi de transition énergétique pour la croissance vert (LTECV), la stratégie nationale bas carbone et le plan de rénovation énergétique en cours de concertation, définissent la trajectoire pour la transition énergétique dans le secteur du bâtiment.

 

L’objectif est donc d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Les enjeux de la réduction des consommations d’énergie et de gaz à effet de serre sont de :

  • Limiter la vulnérabilité de l’Ile-de-France et de la France aux crises du climat et de l’énergie
  • Saisir les opportunités associées au changement de modèle en matière d’emplois et de qualité de vie


LES OBJECTIFS


Les objectifs définis dans le SRCAE et la LTECV pour 2050 dans le secteur des bâtiments tertiaires et résidentiels consistent en une baisse de 50% des consommations d’énergie et de 80% des émissions de gaz à effet de serre (GES). Il faut noter que l’intention de diminution des consommations d’énergie porte sur l’ensemble des usages de l’énergie dans le bâtiment (chauffage, eau chaude sanitaire, cuisson, bureautique, électroménager…).

RÉNOVER TOUT LE PARC DE BÂTIMENTS


La LTECV et le SRCAE francilien fixent pour objectif d’ici 2050 de rénover l’ensemble du parc existant, et ce, à un niveau de haute performance énergétique de type « BBC Rénovation ». Il faudrait que l’ensemble des bâtiments bénéficient d’une rénovation complète à la fois sur leur enveloppe (murs, toiture, menuiseries, planchers…) et sur les systèmes de production, distribution et régulation (chauffage, eau chaude sanitaire …) avec un recours massif aux énergies renouvelables et de récupération.


Pour atteindre les desseins du SRCAE, le parc de bâtiment résidentiel doit réaliser 60% d’économies d’énergie, et le parc tertiaire 40%. Les objectifs à atteindre sont répartis de manière relativement équilibrée entre logements individuels privés, logements collectifs privés et HLM. Ce sont les logements de niveau de performance énergétique intermédiaire (C, D, E) qui représentent la plus grande part du parc résidentiel à rénover avec 80%. Le reste concerne la rénovation des « passoires énergétiques », les logements dont le niveau de performance est F ou G.


LUTTER CONTRE LA PRÉCARITÉ ÉNERGÉTIQUE


Le parc tertiaire qui représente une large part des enjeux de gain énergétique n’est pas concerné par les difficultés à faire face aux factures d’énergie et au renoncement au confort thermique. En revanche, ces difficultés sont bien présentes dans le parc résidentiel, occupé, en partie, par des ménages modestes et en situation de précarité énergétique. Ainsi le plan de rénovation énergétique des bâtiments mis en concertation en novembre 2017 précise que :

  • 20% des rénovations concernent le parc HLM
  • 30% le parc privé occupé par des ménages modestes
  • 50% le parc privé occupé par des ménages non modestes

Les rénovations énergétiques de logements occupés par des ménages modestes devraient concerner le parc social à hauteur de 40%, et le parc privé à hauteur de 60%. Pour le parc privé, ces rénovations concernent pour un tiers, les ménages modestes et pour les deux tiers restants, les ménages non-modestes.


LE CAS PARTICULIER DU BÂTI ANCIEN


Pour atteindre les objectifs fixés par les différents textes, il faut rénover tout le parc de bâtiment, y compris les bâtiments anciens en matériaux traditionnels (pierre, brique…) construits avant la Seconde Guerre mondiale. Ces bâtiments ne peuvent pas être rénovés de la même manière que ceux construits après-guerre, notamment à cause de leurs matériaux de construction, mais ils peuvent bénéficier de techniques et de matériaux de rénovation adaptés. Cependant, il faut veiller au respect de leurs spécificités architecturales.


LE RECOURS AUX RÉSEAUX DE CHALEUR

Compte tenu de sa forte densité urbaine, l’Île-de-France est un territoire favorable à l’implantation de réseaux de chaleur de chauffage urbain, et notamment sur Paris et les départements de la petite couronne. De plus, le secteur dispose de ressources géothermiques significatives. Pour chauffer les bâtiments à rénover, il faut donc exploiter les gisements d’Île-de-France mais aussi étendre les réseaux existants. Les systèmes de chauffages au fioul, charbon et GPL vont être amenés à disparaître progressivement en logement individuel et collectif afin d’être remplacés par des systèmes plus performants et plus propres. Le chauffage électrique est lui aussi visé par le SRCAE francilien qui souhaite réduire de manière très significative les consommations liées au chauffage électrique dans le résidentiel et le tertiaire via l’isolation des bâtiments existants voire en changeant le système de chauffage.