En France, le parc immobilier compte près de 5 millions de passoires thermiques

16/10/2020

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Selon un document de travail du ministère de la transition écologique, 4.8 millions de logements seraient des « passoires thermiques ». Ces logements aux faibles performances énergétiques représentent 17% du parc immobilier français. Explications.

Le plan de relance post-Covid, annoncé récemment par le gouvernement, prévoit un budget de 7 milliards d’euros pour la transition énergétique des bâtiments. Et ils ne seront pas de trop pour faire face au chantier titanesque qui s’annonce : sur les 29 millions de résidences principales sur le territoire français, 4.8 millions de logements sont des passoires thermiques. Des chiffres recueillis et actualisés par le service des données et études statistiques du ministère de la transition écologique, qui permettent de prendre la température du parc immobilier français.

Les passoires thermiques, bonnets d’ânes du DPE

Au petit jeu du DPE (Diagnostic de Performance Energétique), les passoires thermiques font office de mauvais élèves. Sur l’échelle de notation de performance énergétique allant de A à G, les passoires thermiques correspondent aux étiquettes F et G, soit les logements les plus énergivores. Représentant 17% des résidences principales de France métropolitaine, les passoires thermiques forment une cible prioritaire de la transition écologique. A l’opposé, seuls 6.6% (soit près d’1.9 million de logements) atteignent les meilleures performances énergétiques, étiquetés A et B. Les étiquettes D et E représentent l’échantillon le plus fréquent des résultats du DPE, avec respectivement 34 et 24% du parc immobilier. Pour rappel, le secteur du résidentiel-tertiaire représente 20% des émissions de CO2 en France, d’après un rapport du gouvernement datant de 2017.

L’isolation, le nerf de la guerre

Les pauvres performances énergétiques des passoires thermiques découlent principalement d’une isolation médiocre ou très insuffisante, laissant s’échapper la chaleur en hiver. Cette déperdition d’énergie rend ces logements difficiles, voire parfois impossibles, à chauffer. Plusieurs facteurs permettent d’expliquer l’isolation lacunaire d’une grande partie du parc immobilier. La date de construction, tout d’abord, est un élément important : dans l’entre-deux guerres, et avant 1948, la reconstruction galopante du pays ne fait pas de l’isolation la priorité des bâtisseurs. Depuis, les choses ont bien changé au fil de l’évolution des normes et des progrès de la technique, puisque plus de 60% des résidences bâties entre 2012 et 2018 affichent un DPE étiqueté A et B. La situation géographique des logements a également une forte incidence sur les résultats du DPE : les passoires thermiques sont plus présentes dans les zones où le climat est plus rude. A titre de comparaison, le Cantal grimpe à 46% de logements énergivores, quand les Pyrénées Atlantiques n’en comptent que 5%.

Logements sociaux, des efforts qui finissent par payer

Le type de logement joue également sur la part de passoires thermiques : le parc privé, constitué principalement de maisons individuelles, grimpe à 18.7% contre 7% pour le parc social. Un plus faible taux qui s’explique par des logements chauffés collectivement au gaz, et aussi par des efforts de rénovation ciblés. En ce sens, les logements sociaux montrent l’exemple au reste du parc immobilier français. C’est peut-être pourquoi la ministre déléguée au logement, Emmanuelle Wargon, a annoncé à l’USH (Union sociale pour l’habitat) qu’elle souhaite réduire le délai d’éradication des passoires thermiques dans le parc social d’ici à 2023. Un délai raccourci de quatre ans, puisque l’ultimatum était initialement fixé à 2027. Les acteurs vont donc devoir enfiler le bleu de chauffe pour traiter l’ensemble des logements ne respectant pas le seuil de performance énergétique, dont les critères sont définis dans le décret décence.

Réduire la part de passoires thermiques sera donc un enjeu majeur de la transition écologique, dont le gouvernement a fait un objectif prioritaire de son plan de relance. Rendez-vous à l’horizon 2050, pour savoir si oui ou non, la France aura réussi à atteindre son objectif de neutralité carbone.