Décret tertiaire : Les leviers pour atteindre les objectifs

19/02/2020

Pour rappel, le décret tertiaire fixe des objectifs de réduction de la consommation énergétique de 40% pour 2030, 50% pour 2040 et 60% pour 2050. Alors quelles actions mettre en place pour réduire la consommation énergétique de son parc de bâtiments ? On vous dit tout.

Pourquoi est-il important de rénover le parc tertiaire ?

En France, les bâtiments tertiaires représentent près de 940 millions de m² dont 380 millions de m² sont des bâtiments publics. L’ensemble de ces bâtiments sont responsables d’un tiers des consommations énergétiques finales et d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur immobilier.

 

Quelles sont les actions à mettre en place pour un retour sur investissement rapide ?

Grâce aux initiatives mises en place en amont de la nouvelle réglementation, des retours d’expériences sont possibles. Ainsi, les promoteurs immobiliers volontaires ont déjà pu signer la charte tertiaire du Plan Bâtiment durable ou participer au concours Cube 2020 organisé par l’Institut français pour la performance du bâtiment (Ifpeb). Ces initiatives ont permis d’identifier les bonnes pratiques et les actions à privilégier dans le cadre d’une réduction de la consommation énergétique. Ainsi, il semble nécessaire d’établir un plan d’actions qui mobilise l’ensemble des leviers selon l’OID et l’Ifpeb. Il faut donc veiller à la qualité de l’exploitation des équipements et à la sensibilisation des occupants pour la maîtrise des usages, en plus de la rénovation du bâti pour arriver à des résultats satisfaisants.

Cédric Borel, directeur de l’Ifpeb met ainsi en avant des actions permettant un retour sur investissement rapide (inférieur à 3 ans) :

  • L’optimisation de la régulation et de la maintenance des systèmes (pilotage énergétique, gestion technique du bâtiment, ajustement des températures …)
  • Les éco-gestes des occupants mobilisés

Comment réaliser 20% d’économie d’énergie rapidement ?

En travaillant sur l’optimisation de l’exploitation du bâtiment et sur la modernisation des systèmes techniques, on estime que l’on peut rapidement atteindre une réduction des consommations énergétiques de 20%. De son côté, Cédric Borel estime que l’on peut aller jusqu’à 30% de gain énergétique en se concentrant sur la partie technique.

Pour Oriane Cébile de l’OID, la sensibilisation des locataires aux bonnes pratiques et la mise en place d’une gouvernance environnementale et énergétique partagée entre preneur, bailleur et exploitant, peut générer 10 à 30% d’économie d’énergie.

Quelles actions mettre en place pour réaliser des économies d’énergie sur le long terme ?

Pour atteindre l’objectif de -60% des consommations énergétiques en 2050, il faudra mettre en œuvre une rénovation lourde. Sur le long terme, il faudra également prendre en compte les notions de confort thermique liées au changement climatique. D’autres actions de réduction de la consommation énergétique ont un retour sur investissement plutôt long (supérieur à quatre ans) comme le remplacement d’une chaudière, la rénovation thermique de l’enveloppe ou encore le changement du système climatique.

Il existe d’autres approches pour répondre au décret tertiaire. Ainsi, un bâtiment peut ne faire l’objet de travaux lourds, mais simplement d’aménagements et ainsi bénéficier d’un retro-commissionnement grâce au fonctionnement des équipements. Un système de management de l’énergie (SME) selon la norme ISO 50001 peut également répondre aux objectifs fixés par le décret. Tout comme le recours à un « Energy Manager » en charge du suivi énergétique et du déploiement des actions des économies d’énergie.