Quelles sont les actions faciles à mettre en place pour répondre aux objectifs du Décret Tertiaire ?

30/10/2020

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Le Décret Tertiaire oblige les propriétaires de bâtiments à usage tertiaire de plus de 1 000 m² de surface plancher ou cumulée à réduire leur consommation énergétique de 40% en 2030, 50% en 2040 et 60% en 2060 (par rapport à une année de référence comprise entre 2010 et 2019).


Pour répondre à l’objectif fixé pour la première échéance, soit une réduction de 40% des consommations énergétiques pour 2030, plusieurs leviers d’actions rapides et faciles à mettre en œuvre sont possibles.


Des résultats en moins de 5 ans grâce au Contrat de Performance Énergétique


Le Contrat de Performance Énergétique (CPE) est un contrat établi entre la maîtrise d’ouvrage et une société de services énergétiques. Il a pour objectif de garantir, sur une durée déterminée, un gain énergétique sur un ou plusieurs bâtiments. L’efficacité énergétique est associée à une garantie de résultat, elle est vérifiée et mesurée par comparaison à une situation de référence sur la base d’une méthode transparente, auditable et opposable.


Ce type de contrat assure une optimisation organisationnelle de la conception et de la réalisation des actions de performance énergétique. Cela permet de gagner en efficacité dans la mise en œuvre des travaux tout en bénéficiant d’une garantie de résultat. Le CPE est adaptable aux besoins et contraintes de chaque maître d’ouvrage. Il peut couvrir des rénovations globales en envisageant des travaux importants sur un ou plusieurs bâtiments, mais il est aussi possible de concentrer les actions de performance énergétique sur les systèmes techniques.


On distingue plusieurs catégories de CPE :

  • CPE avec des investissements très limités (contrat semblable à un marché d’exploitation/maintenance classique)
  • CPE avec des investissements modérés concentrés sur un périmètre variable de systèmes techniques
  • CPE avec des investissements conséquents pour opérer à des rénovations globales ambitieuses


Tous les CPE comprennent le plus souvent des prestations d’information, de formation et de sensibilisation à la maîtrise des consommations énergétiques à destination des usagers et/ou occupants.


Les CPE portant sur les systèmes techniques permettent d’envisager des actions de performance énergétique telles que :

  • La rénovation des systèmes de production de chaleur, les opérations de substitution énergétique
  • L’optimisation du pilotage du chauffage et de la ventilation (notamment avec l’installation de thermostats dans chaque pièce)
  • La rénovation des systèmes d’éclairage (installation de systèmes LED, de détecteurs de mouvement, de minuteurs …)
  • La rénovation des systèmes de ventilation
  • La mise en œuvre de systèmes de récupération de chaleur et/ou de production d’énergie à partir de sources renouvelables


Ce type de projet peut-être rapidement mis en œuvre et génère généralement entre 10 et 30% d’économie d’énergie. Les CPE de cette catégorie sont opportuns pour des bâtiments qui ne bénéficieront pas de rénovation globale à court terme, mais devront être accompagnés de projets plus ambitieux pour atteindre les objectifs du décret tertiaire.


Les CPE portant sur des rénovations globales sont plus complexes à mettre en œuvre, mais assurent un transfert de risque significatif (délais de conception/réalisation et performance énergétique réelle après travaux) entre le maître d’ouvrage et le partenaire privé. Ce type de projet génère généralement des gains de l’ordre de 50% et est donc un outil parfaitement adapté aux enjeux du décret tertiaire.


Un des principaux enjeux de tous les CPE est le pilotage des systèmes techniques. On parle notamment d’une maîtrise dans le temps et dans l’espace des températures d’ambiance et des taux de renouvellement d’air en occupation et en inoccupation. Au travers de la garantie de résultat, la maîtrise et l’optimisation continue de ces paramètres sont embarquées dans les CPE.

 

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Limiter les usages d’énergie dit « superflus »


Un des premiers leviers pour réduire la consommation énergétique d’un bâtiment est d’appliquer les principes de la sobriété énergétique. Celle-ci se base sur le comportement des usagers et a pour objectif de limiter les usages de l’énergie « superflus ».

Pour sensibiliser les utilisateurs d’un bâtiment, plusieurs actions sont possibles :

  • Communiquer : par le biais d’affichages et de mail sur la gestion de l’éclairage ou du chauffage par exemple
  • Réaliser des ateliers : faire prendre conscience des consommations énergétiques du bâtiment aux usagers en les faisant manipuler une caméra thermique pour identifier les déperditions de chaleur, une sonde pour mesurer la température de l’eau ou un wattmètre sur les prises pour mesurer la consommation d’un ordinateur par exemple.
  • Défier : sous forme de jeu, on peut challenger les occupants de différents bâtiments appartenant au même patrimoine en les impliquant dans un défi. Sur une période donnée, l’objectif est de consommer le moins d’énergie possible, cela est mesuré à l’aide des compteurs. On peut aussi imaginer une forme de récompense (un trophée par exemple) pour les vainqueurs, afin d’inciter davantage les usagers.


Ces actions peuvent être complétées par des éco-gestes simples, mais efficaces, à mettre en place dans le quotidien des usagers. Cela peut être l’installation de multiprises à interrupteurs afin de limiter les veilles des appareils électroniques (selon l’Ademe, les équipements informatiques sont responsables de 21% des consommations énergétiques dans les bureaux) ou bien simplement inciter à éteindre les lumières lorsque l’usager quitte la pièce. On estime que la sobriété énergétique permet de réduire la facture énergétique d’environ 10%.


Optimiser la GTB


En installant un système de GTB, Gestion technique du bâtiment, le propriétaire peut obtenir un gain énergétique entre 5 et 30%. Cet écart s’explique notamment avec la disparité qui existe entre les différentes gestions et exploitations des bâtiments. En effet, si le bâtiment bénéficie d’une bonne gestion, d’une bonne exploitation de ses équipements et d’une bonne utilisation, alors le gain énergétique obtenu par la mise en place d’une GTB sera plus faible.


Il ne faut pas négliger le suivi et la mise en place de ce système. Pour rappel, les GTB permettent de contrôler et de surveiller les différents équipements du bâtiment tels que le chauffage, la ventilation ou le conditionnement d’air, de manière automatisée. Mais une mauvaise installation et une mauvaise exploitation de ce système peuvent diminuer les gains attendus. C’est pourquoi le suivi de la GTB et l’intervention d’une entreprise spécialisée sont fortement recommandés. Il est même possible de recourir à des missions de commissionnement de GTB.


La simple mise en place d’une GTB ne suffira pas à garantir un gain énergétique dans le temps, c’est la bonne exploitation de celle-ci qui le permettra. Avec la mise en place d’une GTB et une optimisation de celle-ci, le propriétaire pourra obtenir un gain énergétique pérenne, rapidement et à moindre coût.


En combinant ces actions, il est possible d’atteindre rapidement le premier palier des objectifs fixés par le Décret Tertiaire. Ces opérations ne nécessitent pas d’investissements massifs et permettent rapidement de faire des économies d’énergie.