REX - conception partielle et suivi de chantier pour la construction de logements sociaux écologiques pour la Foncière Chênelet

22/01/2024

Fondée en 2009, la Foncière Chênelet se positionne en tant que bailleur social privé engagé dans des projets à fort impact sociétal, axés sur la construction et la réhabilitation de logements sociaux écologiques, offrant confort et charges minimales aux locataires. 
ALTEREA s'est vu confier la mission de conception partielle et suivi de chantier pour la construction de huit logements locatifs sociaux à Marles-les-Mines (62) en collaboration avec le cabinet d’architecture PALABRES. Dans cette interview, Pierre GAUDIN, directeur des constructions au sein de la Foncière Chênelet, vous invite à découvrir ce projet novateur et engagé.

POUVEZ-VOUS NOUS PRÉSENTER LE PROJET ET SES OBJECTIFS ?

La Foncière Chênelet est un bailleur qui, depuis sa création en 2010, s'est engagé à créer environ quarante logements par an avec un total de 160 logements actifs à l'heure actuelle. Sa mission fondamentale est de fournir des logements de qualité, confortables et économes en énergie, spécialement conçus pour répondre aux besoins des personnes à faibles ressources économiques.

« Dès le départ, nous avons choisi de nous orienter vers des pratiques de construction écologiques en privilégiant des matériaux durables tels que le bois, la paille comme isolant, la terre crue ainsi que des toitures végétalisées. Notre approche environnementale va de pair avec notre engagement envers le bien-être des habitants en leur offrant un environnement sain et agréable. », explique Pierre GAUDIN

Le public cible pour les logements réhabilités par la Foncière se compose principalement de personnes à faibles ressources, notamment des familles, des familles monoparentales, des personnes âgées disposant de faible retraite et des individus en situation de handicap. « Tous nos logements sont accessibles et adaptés aux besoins des personnes handicapées, garantissant ainsi une qualité de vie équitable pour tous nos locataires. », précise-t-il.

Pour mettre en place ces logements sociaux, la Foncière Chênelet travaille avec les élus des communes, qui sont souvent confrontés à des difficultés pour fournir des logements de qualité à leurs citoyens. La Foncière intervient dans des situations où la construction de seulement quelques logements ( 4 à 12) peut faire une grande différence, ce qui est souvent insuffisant pour d'autres bailleurs. « Nous opérons principalement dans des communes rurales, là où la présence d'autres bailleurs est limitée et où le besoin en logements de qualité est significatif. », ajoute-t-il.

Dans le cas de la commune de Marles-les-Mines, l'ancien maire avait constaté que 80% des logements étaient à vocation sociale, conséquence de la diminution de l'activité minière et de la lenteur de la réindustrialisation. Cette situation avait engendré une scission socio-économique, impactant négativement la qualité de l'habitat. L’objectif avec les logements sociaux était de permettre d’offrir un logement aux jeunes familles qui débutaient leur vie professionnelle et qui n'avaient pas les moyens d'acquérir leur propre logement. Ces jeunes pouvaient ainsi démarrer leur vie active tout en ayant un logement abordable, et plus tard, envisager de s'installer ailleurs.

Le processus de sélection des futurs locataires passe par des commissions. Ce processus est strictement encadré l'État. Il est réalisé en collaboration avec le gestionnaire locatif et la mairie qui exprime également ses besoins locaux.

C’est dans ce cadre, que la Foncière Chênelet a fait appel à ALTEREA pour l’accompagner sur la conception partielle et le suivi de chantier pour la construction de 8 logements locatifs sociaux. « Actuellement, sur les huit logements du projet, six sont aujourd'hui occupés par des jeunes, ce qui correspondait à notre objectif initial. » se réjouit Pierre GAUDIN.

QUELLES SONT LES PARTICULARITES DU PROJET ?

Ce projet présente plusieurs caractéristiques distinctes, façonnées par les défis environnementaux et budgétaires. Initialement lancé avant l'entrée en vigueur de la réglementation environnementale 2020 (RE2020), le projet était soumis à la RT2012 à ce stade. Pour anticiper les exigences de cette réglementation, les services techniques de l'État ont introduit un label appelé E+/C- qui encourageait financièrement les maîtres d'ouvrage à atteindre des performances énergétiques supérieures tout en réduisant au maximum les émissions de carbone dans l'ensemble du processus de construction.

« C'était la troisième fois que la Foncière Chênelet utilisait ce système de financement complémentaire E+/C-, étant donné que les projets nécessitent toujours des fonds supplémentaires pour atteindre leurs objectifs énergétiques. », précise Pierre GAUDIN .Atteindre au moins un niveau E2/C2 sur des bâtiments à un étage était une tâche réalisable mais les logements de plain-pied posaient un défi supplémentaire en raison du rapport entre la surface habitable et les fondations, ce qui impactait négativement l'empreinte carbone. Sur le plan énergétique, le projet excellait avec un niveau E2 mais il devait se conformer à un niveau C2 sur ce projet spécifique.

L’ensemble des projets de la Foncière Chênelet adopte un modèle de construction fortement industrialisé, utilisant des matériaux écologiques, pouvant engendrer des coûts de construction élevés. Pour maîtriser ces dépenses, le bailleur réalise un modèle d'industrialisation, de standardisation et de réplicabilité. Les logements sont conçus en T2, T3 et T4 sur un modèle prédéfini, permettant une grande uniformité. Les façades extérieures offrent néanmoins une certaine souplesse, autorisant des enduits ou du bardage, ainsi que l'ajustement de la position sur le terrain. Les menuiseries, par exemple, sont toujours standardisées, engendrant des économies d'échelle. Cette industrialisation contribue à maîtriser les coûts, une considération essentielle à une époque où les coûts énergétiques et les matériaux sont en augmentation constante.

En ce qui concerne la forme et l'aménagement du projet de Marles-les-Mines, il ne présentait pas de particularités spécifiques. Il se compose de huit logements de type T3, destinés à un public à revenu modeste, ce qui garantit des loyers abordables et des charges réduites pour les locataires.

« Le choix de l'emplacement est minutieusement examiné, même dans de petites communes, pour garantir que les logements soient au cœur de la vie sociale, avec un accès facile aux services essentiels et aux réseaux de communication. », ajoute-t-il. Dans ce cas, le projet est situé sur un terrain auparavant loti, à proximité d'une ancienne voie ferrée et d'un talus. Cette situation a nécessité des fondations particulières en raison du sol peu propice. Le talus a été depuis transformé en espace arboré, et la voie ferrée n'est plus en service.

POURQUOI AVOIR CONFIÉ LA MISSION À ALTEREA ? COMMENT S’EST ORGANISÉE LA MISSION D’ALTEREA POUR CE PROJET ?   

Le Foncière Chênelet a confié la mission à ALTEREA pour ce projet en raison de leur collaboration antérieure sur un autre projet. « Nous avions déjà entamé une coopération fructueuse avec ALTEREA, grâce à une relation préexistante au sein de leur agence de Lille. », explique Pierre GAUDIN .

« Cette collaboration nous a permis de discuter, de négocier les coûts mais a également impliqué d'autres aspects essentiels des consultations. En plus du coût, il y a la question de la production de documents techniques où la maîtrise d'œuvre explique sa vision de l'organisation des études et du chantier. De plus, un calendrier préliminaire est établi pour garantir une planification adéquate des tâches. » indique-t-il.

Pour ce projet, la Foncière a construit un réseau de partenaires qui répondaient aux exigences techniques et économiques avec ALTEREA responsable du suivi de chantier et en collaboration avec l'architecte PALABRES, basé à Paris. « Nous continuons à travailler avec ALTEREA sur d'autres projets, comme celui en cours dans l'Oise, à Pontoise-lès-Noyon. Mais cette fois-ci, avec la participation d'un autre architecte, Murmur Architecture. » ajoute-t-il.

QUELLES ONT ÉTÉ LES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES ?

Dans le cadre de ce projet, la Foncière Chênelet n’a pas rencontré de réelles difficultés. Le bailleur, en tant que petite structure de maîtrise d’ouvrage, accorde une grande attention aux discussions autour de la constitution de l’équipe de maîtrise d’œuvre. L’équipe finale s’est donc organisée en groupement. Le mandataire centralise les compétences et expertises nécessaires en faisant appel à diverses sources externes. Cette approche simplifie la gestion du projet en permettant de travailler avec un seul interlocuteur, ce qui favorise une communication fluide et efficace.

« Malgré ces ajustements organisationnels, il est important de noter que nous n'avons pas rencontré de problèmes majeurs. Cette capacité à adapter notre approche de gestion a contribué à la réussite du projet, elle a également permis d’intégrer des pratiques nouvelles et intéressantes car plus efficaces pour nos projets futurs. » précise-t-il.

QUE RETENEZ-VOUS DE LA COLLABORATION AVEC ALTEREA ?

« Nous avons établi une excellente collaboration avec ALTEREA, marquée par des relations claires et transparentes, une composante essentielle pour notre équipe. » conclut Pierre GAUDIN.

La Foncière Chênelet, en partenariat avec ALTEREA, a réussi à concrétiser son engagement en faveur de la construction de logements sociaux écologiques à Marles-les-Mines. Grâce à une approche novatrice et écologique, la Foncière Chênelet a su répondre aux besoins des personnes à faibles ressources, en offrant des logements de qualité et économes en énergie. Malgré quelques défis organisationnels, la collaboration avec ALTEREA a été fructueuse, témoignant d'une relation transparente et efficace entre les deux partenaires. Ce projet exemplaire illustre la capacité de la Foncière Chênelet à relever les défis sociétaux tout en favorisant le bien-être des habitants et en respectant des normes environnementales élevées.