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Comment engager un établissement hospitalier de près de 14 000 professionnels dans une démarche structurée de réduction de son empreinte carbone ? Comment transformer une obligation réglementaire en véritable levier de mobilisation interne ?
En 2024, le CHU de Nantes a franchi une étape majeure en réalisant son premier bilan carbone complet, couvrant les trois scopes d’émissions. Un projet d’envergure mené sur un an avec l’accompagnement d’ALTEREA.
Retour sur une démarche ambitieuse, qui pose les bases d’une transition écologique durable au sein de l’établissement avec une interview de Ségolène LEBRETON, Directrice plateforme de proximité 3, site Hôtel-Dieu du CHU de Nantes.
Un impératif réglementaire devenu levier stratégique
Avec près de 14 000 professionnels, le CHU de Nantes est soumis à l’obligation réglementaire de réaliser un bilan des émissions de gaz à effet de serre (BEGES) : « Le CHU est concerné par l’obligation de réaliser un bilan carbone avec les trois scopes. Étant donné notre taille, on est évidemment amené à faire un bilan complet tous les quatre ans. » explique Madame LEBRETON.
Si un premier exercice avait été mené il y a quatre ans, il ne portait que sur les émissions directes. En 2024, l’établissement a franchi une étape majeure en lançant son premier bilan carbone complet, à l’échelle de l’ensemble de ses activités.
Le projet, démarré à l’automne 2024, s’est déroulé sur une année complète, avec l’accompagnement des équipes ALTEREA.
Une vision à 360° : un véritable défi
Pour un établissement hospitalier de cette envergure, l’enjeu était considérable. « Réussir à avoir une vision à 360 du bilan carbone du CHU, à la maille de l’établissement, c’est un véritable challenge. Avec le nombre de données à intégrer et à analyser… » ajoute la directrice.
Au-delà de la conformité réglementaire, l’ambition était double : disposer d’un diagnostic robuste et mobiliser les équipes autour d’un projet fédérateur, « On voulait une démarche participative et pédagogique. Faire connaître la notion de bilan carbone, parce qu’on connaît tous le terme… mais généralement pas de là à savoir précisément ce que c’est. » explique-t-elle. Au-delà d’un exercice technique, le bilan carbone est avant tout un exercice de sensibilisation qui doit concerner l’ensemble des acteurs.
Une organisation projet structurée en amont
Avant même l’arrivée d’ALTEREA au sein du projet, le CHU de Nantes avait constitué un comité de pilotage réunissant directions, services supports et référents développement durable. Une fois la mission lancée, la méthodologie proposée a rapidement fait consensus. « On a été tout de suite cohérents sur la méthode à déployer. Une réunion de lancement, un point d’étape, une réunion de clôture… et surtout des allers-retours réguliers avec les personnes ressources pour approfondir les données. » ajoute-t-elle.
La phase de collecte, particulièrement dense, a constitué un moment clé du projet.
Expérimenter à plus petite échelle pour aller plus loin
En parallèle de l’approche globale, le CHU a souhaité réaliser des focus spécifiques sur deux secteurs déjà engagés : la stérilisation et la dialyse. Madame LEBRETON explique : « L’idée, c’était d’expérimenter le bilan carbone à la maille d’un service, pour encourager ceux qui étaient déjà engagés à aller encore plus loin dans leur démarche. ». Cette approche a permis de combiner vision stratégique et actions concrètes au plus près des activités de soin.
Un bilan carbone complet et mobilisateur
Sur la partie diagnostic, les objectifs ont été atteints : « On a un bilan complet qui correspond aux attentes et qui nous a permis de faire la sensibilisation souhaitée. » relate la directrice.
Les résultats ont été largement partagés en interne : formats synthétiques diffusés par affichage et réseaux sociaux, webinaire de sensibilisation avec la participation d’ALTEREA, et présentation en comité stratégique jusqu’à la direction générale : « On voulait faire de ce bilan carbone un levier de sensibilisation des professionnels. » ajoute-t-elle.
L’expertise méthodologique d’ALTEREA a été particulièrement appréciée : « On a pu se reposer sur l’expertise d’ALTEREA pour réaliser notre bilan carbone et pour sensibiliser nos professionnels. C’était l’objet de notre partenariat. » explique Madame LEBRETON.
Un plan de transition à approfondir
Si le diagnostic est jugé solide, le plan de transition, élaboré dans le temps contraint du projet, nécessite encore un travail complémentaire : « En l’état, il n’est pas encore exploitable pour en faire un plan d’actions totalement opérationnel. Le temps de la démarche projet était insuffisant pour aller aussi loin. » ajoute-t-elle.
Le CHU a donc décidé de poursuivre l’approfondissement en interne : reprise de contact avec les porteurs d’actions, précision des indicateurs, formalisation plus opérationnelle : « L’aide d’ALTEREA nous a permis d’avoir une première trame intéressante. Maintenant, charge à nous de vraiment l’approfondir. » explique la directrice.
Le plan de transition devient ainsi un document vivant, intégré à la stratégie globale de transition écologique de l’établissement.
Un plan de transition à approfondir
Si le diagnostic est jugé solide, le plan de transition, élaboré dans le temps contraint du projet, nécessite encore un travail complémentaire : « En l’état, il n’est pas encore exploitable pour en faire un plan d’actions totalement opérationnel. Le temps de la démarche projet était insuffisant pour aller aussi loin. » ajoute-t-elle.
Le CHU a donc décidé de poursuivre l’approfondissement en interne : reprise de contact avec les porteurs d’actions, précision des indicateurs, formalisation plus opérationnelle : « L’aide d’ALTEREA nous a permis d’avoir une première trame intéressante. Maintenant, charge à nous de vraiment l’approfondir. » explique la directrice.
Le plan de transition devient ainsi un document vivant, intégré à la stratégie globale de transition écologique de l’établissement.
Des priorités d’actions déjà identifiées
Le bilan carbone a permis de promouvoir des axes concrets de travail, notamment dans le champ des éco-soins.
Parmi les priorités engagées ou en préparation :
- privilégier la voie orale plutôt que la voie intraveineuse lorsque cela est pertinent ;
- développer les pansements éco-conçus ;
- réduire l’usage de certains consommables identifiés comme fortement émetteurs (compresses stériles, gants stériles, poches de perfusion).
« Sur le volet des éco-soins, on se sert vraiment du bilan carbone pour rebondir et définir nos priorités d’actions 2026. » explique la directrice.
À plus long terme, le projet du nouvel hôpital constitue également un levier majeur : « Ce projet va nous permettre de faire des gains en matière énergétique, logistique, de mobilité et de gestion des déchets. Ces améliorations pourront être documentées lors du prochain bilan carbone. »» ajoute-t-elle.
Un socle solide pour accélérer
Ce premier bilan carbone complet marque une étape structurante pour le CHU de Nantes.
Au-delà des chiffres, il a permis de :
- partager un diagnostic commun ;
- faire monter en compétence les équipes ;
- identifier des priorités claires ;
- enclencher une dynamique collective.
« Le plus important, c’était de pouvoir s’appuyer sur une méthodologie rigoureuse et de sensibiliser nos professionnels. De ce point de vue-là, cela a très bien fonctionné. » explique Madame LEBRETON. Un point de départ solide pour inscrire durablement la transition écologique au cœur du fonctionnement hospitalier.
Ce premier bilan carbone complet marque une étape structurante pour le CHU de Nantes. Bien au-delà d’une obligation réglementaire, il a permis d’installer une culture commune autour des enjeux climatiques et d’initier une dynamique collective. Aujourd’hui, le diagnostic est posé, les priorités sont identifiées et le plan de transition continue de s’enrichir. Le CHU de Nantes dispose désormais d’un socle solide pour inscrire durablement la transition écologique au cœur de son fonctionnement et pour aborder son prochain bilan carbone avec une longueur d’avance.
