Qualité environnementale du tertiaire privé : le point sur les obligations et les démarches volontaires (Partie 2)

15/02/2022

  • 8 min
    8 min

De nombreux cadres environnementaux s’appliquent aux bâtiments tertiaires, obligatoires (lois, décrets) ou volontaires (certifications et labels). Ils visent à limiter l’impact d’un bâtiment sur les critères énergie et carbone, prépondérants dans la lutte contre le changement climatique, mais également sur des critères écologiques et sanitaires connexes tels que la biodiversité ou la qualité de l’air intérieur.

Dans l’article précédent étaient évoquées les réglementations venant régir les principales exigences environnementales pour les bâtiments. Qu’en est-il également des labels et certifications ?

LES PRINCIPAUX LABELS ET CERTIFICATIONS ENVIRONNEMENTAUX

L’obtention d’un label ou d’une certification permet d’engager un projet immobilier dans une démarche environnementale d’ambition plus élevée que les réglementations ci-dessus et de valoriser le résultat au travers d’un affichage dédié.

Le choix du label ou de la certification est réalisé en fonction des besoins et ambitions de la maîtrise d’ouvrage, des enjeux et contraintes du projet ou encore du contexte concurrentiel lié à la certification.

Au préalable, il est important de préciser qu’il existe deux grandes catégories de marquages environnementaux volontaires :

  • Des certifications multicritères ou généralistes qui traitent un ensemble d’enjeux environnementaux dans le cadre d’une démarche globale et ajustable aux contraintes et opportunités du projet ;
  • Des labels traitant plus spécifiquement un ou deux enjeux au travers d’un jeu de critères restreints et d’une démarche ciblée.

Dans les deux cas, les dispositifs sont nombreux ; la plupart sont déclinés pour le neuf et la rénovation, certains mêmes pour la phase exploitation.

Les labels ciblés peuvent par exemple traiter de la thématique confort, santé et bien-être, comme Well ou Osmoz. Certains sont orientés sur les volets énergétiques et carbone : c’est le cas des labels BBCA (Bâtiment Bas Carbone), E+C-, ou encore des différents labels Effinergie, dont BBC (Bâtiment Basse Consommation) et BEPOS (Bâtiment à Energie Positive). De leur côté, les labels Ecojardin ou Biodiversity traitent des enjeux liés à la biodiversité.

Les principales certifications multicritères sont :

1. La certification NF HQE (Haute Qualité Environnementale)

Certivéa, organisme français spécialisé dans le non-résidentiel, accompagne les entreprises et acteurs du secteur de la construction dans leurs démarches de certification.

  • La certification NF HQE Bâtiments Tertiaires – Neuf, Rénovation ou Exploitation
Image2-3

 

Cette certification a pour but de valoriser les performances environnementales des bâtiments et le confort des usagers. Elle analyse notamment l’efficacité énergétique des bâtiments.

Ses exigences sont définies selon quatre thématiques importantes (l’énergie, l’environnement, le confort et la santé du bâtiment rénové ou construit) et peuvent s’évaluer en phase programmation, conception au travers d’un audit documentaire. En phase réalisation, un second audit implique une visite de site afin de vérifier que ces exigences soient bien respectées. Il existe 4 niveaux de certification : bon, très bon, excellent, exceptionnel.

  • La certification NF HQE Bâtiment Durable
Image3-1

Il existe d’autres certifications environnementales, tout aussi intéressantes, créées par Certivea, comme par exemple la certification HQE Bâtiment Durable. Elle concerne les bâtiments neufs ou en rénovation et vise à prendre en compte l’ensemble des enjeux de développement durable. Elle se base sur un cadre de référence élaboré par l’Alliance HQE-GBC (Haute Qualité Environnementale – Green Building Council1) défini selon 4 principaux engagements :

  • qualité de vie des occupants et utilisateurs des bâtiments ;
  • respect de l’environnement au travers d’actions menées au niveau local et territorial ;
  • performance économique pour un bâtiment économe et qui contribue à la croissance verte ;
  • management responsable qui accompagne les entreprises dans une bonne conduite de projet dans toutes les étapes du processus.

Différents sujets sont donc directement concernés tels que la biodiversité, le carbone, le changement climatique, l’économie circulaire, les services, l’attractivité du territoire.

Ce cadre de référence du bâtiment durable est appelé à se substituer progressivement aux 14 cibles de la démarche HQE.

Cette certification pourrait bientôt remplacer la précédente avec des changements dans le système de notation et d’évaluation et l’ajout de nouveaux enjeux qui n’existaient pas dans la certification NF HQE.

Le guide des labels Energie et Carbone

2. BREEAM (Building Research Establishment Environmental Assessment Method)

Image4La certification BREEAM est une norme internationale, applicable en France et publiée par un organisme anglais BRE (Building Research Establishment). Elle évalue l’impact et la performance environnementale d’un bâtiment neuf, en rénovation ou en phase d’exploitation. Elle s’intéresse à plusieurs critères tels que : la gestion de l’énergie, le niveau de pollution, la gestion de l’eau, la valorisation des déchets, le management de personnes, l’accès à des transports durables, ou encore la santé et le bien-être des occupants. Des points sont attribués sur ces différentes thématiques afin d’affecter un score global avec une mention : passable, bien, très bien, excellent et remarquable.

L’évaluation garantit le respect de l’environnement de la phase conception jusqu’à la fin de vie du bâtiment. Chaque typologie de bâtiments dispose de son référentiel : BREEAM Habitations, Etablissements scolaires, Hôpitaux, International, Tribunaux, Industriel, Bureaux, Centres commerciaux...

3. LEED (Leadership in Energy and Environmental Design)

Image5-1

Créée en 1998 aux Etats-Unis, la certification LEED s’intéresse notamment à la notion d’architecture écologique, en complément de la haute qualité environnementale des bâtiments. Elle s’adresse à la fois aux projets de construction et aux projets de rénovation. La certification LEED est la plus portée au niveau mondial.

Il existe 4 niveaux de certification différents :

  • LEED certifié : au moins 40 points
  • LEED argent : au moins 50 points
  • LEED or : au moins 60 points
  • LEED Platine : 80 points et plus

L’attribution des points se fait selon 7 catégories de critères qui sont les suivantes :

  1. Le site d’implantation du bâtiment dont le choix doit être fait de façon à préserver au mieux la faune et la flore.
  2. L’accessibilité des transports en commun ou véhicules écologiques.
  3. La gestion de l’eau selon une consommation réduite.
  4. Le choix des matériaux de construction ou de rénovation et la prise en compte de la gestion des déchets durant les travaux.
  5. La qualité de vie des usagers et occupants impliquant notamment la qualité de l’air intérieur, la luminosité naturelle...
  6. L’innovation.

LEED, HQE, BREEAM : QUELLES SONT LES DIFFÉRENCES ?

Cela ne vous aura pas échappé, les certifications HQE, BREEAM et LEED se ressemblent sur de nombreux aspects. Qu’est-ce qui les différencie ?

La certification BREEAM fut la première à voir le jour en 1986. Elle s’est très vite exportée au-delà du territoire britannique. Elle serait perçue comme LA norme européenne en matière de performance environnementale des bâtiments. C’est la certification qui est appliquée dans un plus grand nombre de pays et qui accorde une importance à l’ACV.

Créée en 2004, la certification HQE est appliquée seulement en France. C’est d’ailleurs la certification la plus répandue des trois sur le territoire français. Plusieurs tentatives d’équivalence auraient déjà été menées entre la BREEAM et HQE mais n’ont jusqu’ici jamais abouti. Certaines entreprises vont donc parfois jusqu’à réaliser une double certification. Concernant le champ d’application, la certification HQE accorde de l’importance à la qualité de vie de l’Homme et à la notion de confort et santé. De plus, elle a toujours donné une place importante au système de management.

Concernant LEED, la certification est volontaire et de reconnaissance internationale. Elle est surtout très appliquée au Canada. En Europe, elle est finalement très peu répandue en raison notamment des unités de mesure européennes qui sont différentes des unités de mesure nord-américaines. LEED fut la première certification à rendre obligatoire le système de commissionnement des équipements (c’est également le cas pour la certification HQE, Bâtiment Durable, depuis 2016). La mission doit être réalisée par une personne extérieure, indépendante de la phase de conception, afin d’avoir un point de vue le plus objectif possible.

Ces certifications peuvent être accompagnées de labels complémentaires qui viennent souligner la (sur)performance d’un aspect dédié : la biodiversité, le carbone, l’énergie, le confort etc…

Les labels et certifications environnementaux sont nombreux et il est nécessaire de bien comprendre l’enjeu de chacun. Dans la dernière partie de ce dossier, retrouvez toutes les informations afin d’identifier, parmi les labels et certifications évoqués précédemment, celui/ceux ou celle(s) qui peut/vent concerner votre patrimoine.

 

Consulter les autres articles sur le sujet :

1L’Alliance HQE GBC, association reconnue d’utilité publique, est le réseau français professionnel de référence pour la construction et l’aménagement durables. Elle réunit 350 membres et a pour mission de piloter des travaux d’innovation collaborative et prospective en faveur de la conception et de la construction durable du bâtiment et de la ville de demain. http://www.hqegbc.org